Red Hot Chili Peppers - One Hot Minute

Album à part dans la discographie du groupe, One Hot Minute est surtout un plaisant trip psychédélique dans un paysage glam rock.

  • Label : Warner Bros. Records

  • Sortie : 1995

  • Genre : Glam Rock / Fusion / Indie Rock

Je pense que, sans dire trop de connerie, nous pouvons séparer la discographie de Red Hot Chili Peppers en trois principaux mouvements. D'abord, jusqu'en 1987, le groupe se la jouait funk avec cuivres et tout le toutim mais avec un côté punk adolescent assez intéressant. Ensuite, nous avons la période "fusion" pendant laquelle le groupe joue un savoureux mélange entre metal, rap et funk, période pendant laquelle le groupe est devenu incontournable autant pour la critique que pour le public. Enfin, nous avons une période plus pop et plus "stadium rock". Mais, entre ces deux périodes, nous trouvons One Hot Minute, le disque ovniesque du groupe.

Cet album de 1995 est aussi le premier disque sans John Frusciante depuis Mother's Milk sorti en 1989. Le guitariste qui avait grandement influencé le groupe dans son virage metal / glam rock a sombré dans la drogue et vit difficilement le succès du groupe. Du coup, les relations avec les autres membres s'enveniment et il plaque tout afin d'aller s'isoler chez lui en Californie.

Anthony Kiedis, Flea et Chad Smith, eux, voulaient continuer l'aventure - et j'imagine que le contrat qui les reliaient à Warner Bros. Records permettaient difficilement autrement. C'est alors que le groupe invite Dave Navarro de Jane's Addiction à les rejoindre et, après un jam, il décide de rejoindre Red Hot Chili Peppers. Cela ne durera que le temps de cet album mais l'ajout du guitariste donne sa spécificité.

L'alchimie entre les Red Hot et Navarro donne un disque à la fois glam rock et psychédélique tout en continuant de s'aventurer sur un chemin plus mélodique, celui que Kiedis avait découvert sur le précédent disque, Blood Sugar Sex Music. Et on peut dire que l'album est incroyablement riche en ambiances et en idées. Aucun titre ne se ressemble vraiment mais il y a une cohérence folle dans ce trip sous psychotropes que nous propose le groupe.

Ainsi, One Hot Minute démarre avec le morceau ravageur et ravagé "Warped", continue avec l'enjoué "Aeroplane", passe par le barré "Deep Kick", puis le chaleureux et mélancoliques "My Friends", suivi de l'hommage psychédélique aux Stooges et à Iggy Pop "Coffee Shop", etc. L'ennuie et la surprise sont de mises... ainsi que la drogue qui semble avoir motivé chaque morceau. Oui, on ne me fera pas croire que "Pea" n'est pas un morceau composé alors qu'ils étaient complètement défoncés.

En tout cas, le groupe n'essaie de reproduire une quelconque formule et, surtout, ne l'impose pas à Navarro qui, fort de son expérience au sein de Jane's Addiction, apporte vraiment beaucoup de choses au groupes. Les riffs, moins métal, ont une classe ultime comme l'effet "wah wah" hyper groovy sur "One Big Mob", ou le riff à la cool de "Walkabout", ou celui qui semble habité par le Diable en personne sur "One Hot Minute".

Mais, bon, bien que le disque change de ce qu'on connaissait du groupe, on retrouve les points forts du groupe comme la rythmique impeccable, la voix chaleureuse et déjantée de Kiedis et, surtout, les lignes de basse de dingue de Flea ("Transcending", "Aeroplane"...). Et puis, Rick Rubin, à la production, connait le groupe par cœur et arrive à retranscrire toutes ces forces sur le disque.

C'est un peu le disque qui est boudé par les fans alors que, pour moi, c'est le meilleur. Peut-être parce qu'il a ce côté "side project" qui fait que le groupe ose des choses ce qui, à ma connaissance, n'a pas fait depuis bien longtemps.

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