Jungbluth - Lovecult

Ce n'est pas un disque d'amour, mais ça n'empêche pas d'en tomber amoureux.

  • Label : Autoprod.

  • Sortie : 2015

  • Genre : Post-Hardcore

Le dernier disque de Jungbluth aborde l'amour d'une façon peu orthodoxe, en  le présentant comme un produit ou comme une religion ce qui, à notre ère capitaliste, revient à la même chose. Cela ne remet pas en cause les sentiments que chacun peut ressentir mais le trio allemand pointe du doigt comment à travers les médias ceux-ci ont été instrumentalisés.

Je pourrais m'étaler sur ce concept longtemps et expliquer comment nous sommes conditionnés depuis notre plus tendre enfance à tomber amoureux. Mais, Jungbluth le fait bien mieux que moi avec les dix titres qui composent Lovecult, son ultime disque[1].

Musicalement, la suite de l'excellent Part Ache, ne déçoit pas. Le trio de Münster reste toujours aussi brut et crust avec un talent certain pour la composition et les montées en puissance. Mais, c'est à l'usure qu'on note les différences qu'on ne faisait que percevoir aux premières écoutes, Lovecult s'avère être plus frontal avec des mélodies plus marquées et une frappe de batterie plus martiale.

Le groupe a aussi ralenti le rythme général des morceaux, reniant presque ses origines D-Beat. En tout cas, les compositions ne sont pas  forcément des invitations au mosh-pit comme fut celle du précédent disque. Lovecult s'apprécie donc différemment, sans perturber ses fans. En même temps, Jungbluth est toujours aussi doué pour écrire des tubes en puissance comme "Schrödinger’s Katze", "Everytime Geradeaus", "Charades" ou "Lokalkolorit".

À titre plus personnel, Lovecult ne m'a clairement pas foutu la même baffe que Part Ache, mais le disque ne me laisse pas insensible pour autant. Bien au contraire, il y a des moments "coups de poing" que j'attendais de la part du groupe, et l'envie de lever les bras au ciel ou de taper du pied au rythme des morceaux est présent à chaque instant.

En tout cas, après la découverte de cet album, une chose est certaine : je suis amoureux de la musique de Jungbluth et, ça, ce n'est pas un spot publicitaire ou un film à l'eau rose qui me l'a foutu dans le crâne.


[1] Le groupe a arrêté son activité afin de faire maintenant du post-punk sous le nom de Criminal Body. [^]

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