Halloween

Le cultissime film de John Carpenter a fêté ses 40 ans en 2018. Avec la vague nostalgique qui touche Hollywood - qui semble tout autant plaire au public, il n'est pas étonnant de voir que pour fêter l'anniversaire des premiers méfaits de Michael Myers, le célèbre boogeyman de la licence.

Plutôt que de faire un remake moderne, David Gordon Green, le réalisateur et co-scénariste de ce nouveau film, décide de proposer une suite au premier film oubliant carrément les suites dans lesquels le personnage de Laurie Strode (Jamie Lee Curtis) apparaît. Ainsi, nous apprenons que Michael Myers (James Jude Courtney et Nick Castle) a été interné pendant 40 ans et que Laurie a raté sa vie à cause du traumatisme qu'elle a vécu à Haddonfield cette fameuse nuit d'Halloween. Ainsi, elle a perdu la garde de sa fille, Karen (Judy Greer) lorsque celle-ci était âgée de 12 ans, ce qui n'a pas empêché cette dernière de garder le contact avec sa mère mais, aussi, d'avoir une vie de famille idéale avec son mari et sa fille de 17 ans, Allyson (Andi Matichak).

Bien évidemment, Michael Myers va arriver à s'enfuir de son asile le jour de l'anniversaire de son arrestation afin de commettre à nouveau des meurtres très sanglants avant de retrouver la piste de Laurie et de toute sa famille.

Et, bien évidemment, cette suite essaie de reproduire le schéma du film culte de John Carpenter avec les adolescent·e·s qui se font massacrer après avoir pris de l'alcool ou de la drogue, ou avoir eu des baisers fougueux (aucun rapport sexuel dans cet opus). Ainsi, le film a un aspect remake assez peu réussi puisqu'il ne tente jamais de renouveler la formule de la série, seulement de montrer une succession de meurtres.

Cela ressemble du coup aussi à un remake de Halloween, 20 ans après qui aurait oublié de tenir compte que Scream a renouvelé le slasher - mais avec la même décision de prendre des acteurs et actrices de 25 ans pour jouer des ados. En gros, le film devient cliché de bout en bout, oubliant le côté novateur de la licence qu'il célèbre.

Il y a tout de même un ajout non-négligeable : les scénaristes font de Laurie Strode une réplique de Sara Connor dans un contexte qui ressemble à une analogie à une victime de harcèlement sexuel. C'est plutôt une bonne idée mais, c'est gâché par une écriture faiblarde et des réactions contradictoires des personnages.

En fait, le film est bombardé par des invraisemblances tellement le réalisateur privilégie les exercices de style visuels plutôt que la cohérence donnant des scènes parfois stupides comme la vue subjective depuis le point de vue de Michael lorsqu'il poignarde sa mère , parfois irréalistes comme la scène avec le détecteur de mouvement et la lumière associée qui s'allume seulement lorsque cela arrange le réalisateur. Clairement, cela donne des scènes plutôt réussies visuellement parlant - malgré la photographie assez cheap du film - comme le plan séquence dans la banlieue (l'un des rares moments où la violence est montrée dans le champ de la caméra) mais, c'est au détriment de l'immersion. On regarde les scènes sans réelles convictions mais, surtout, avec l'impression qu'elles auraient le même impact si on regarde chaque séquence de meurtre individuellement sur YouTube.

En fait, le film est assez faible d'un point de vue écriture. Clairement, en lançant un slasher, je ne m'attendais pas à voir un film intellectuel avec de la profondeur mais, j'aurais bien voulu voir un film qui se donne la peine de ne pas se foutre de la gueule du spectateur à coup de rebondissements mal amenés comme lorsque le scénario ne développe pas volontairement l'arc narratif du psychiatre pour créer un effet de surprise - et un passage obligatoire pour faire comme le film de 1978, ou à coup de deus ex machina contredisant complètement le personnage de Karen.

Je me dis que lorsqu'on voit autant de défauts sur un film qui se devrait être un simple divertissement sanglant, c'est que ledit film est raté.

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