Ventura - Ultima Necat

Ventura et moi, ça fait 3 ans que ça dure. Lorsque je l'ai entendu jouer la première fois, il m'avait séduit avec l'album We Recruit et son rock/noise très 90's . Depuis, je suis toujours aussi dingue de ces morceaux. Puis, un jour, Ventura arriva avec un nouvel album. Ultima Necat, il l'appelle. Il aurait pu jouer la carte de la sécurité et m'offrir une simple réinterprétation de son précédent album. Que nenni ! Ça serait sous-estimer l'auto-proclamé "Best Fucking Band On Earth". En tant que tel, Ventura a donc sorti le grand jeu. Il est resté lui-même, fidèle à ce son noisy qu'il affectionne. Mais, il a mis les petits plats dans les grands osant de nouvelles choses. Pour me surprendre. Pour me séduire à nouveau.

Prenant son temps avec une intro pour me mettre l'eau à la bouche, j'ai eu les premiers frissons dès les premières notes de "Little Wolf". Et ce ne fut que la première surprise, le morceau se transforme petit à petit en shoegazing, une voie que Ventura n'avait jamais empruntée auparavant mais qui lui va très bien. Puis, le morceau se termine avec des guitares perçantes et une rythmique pesante faisant son effet : je suis conquis. "Nothing Else Mattered" me rappelle les bons moments passés ensemble depuis We Recruit. Et suit le charnel "Body Language"... Je me laisse aller. En fait, chaque composition est un petit chef d'œuvre. Passant régulièrement d'une rythmique aérée à une plus claquante pour être sûr que chacun de ces moments soit marquant. La basse ronfle constamment tout en berçant mes oreilles. La guitare forme à elle seule un perpétuel mur de son tout aussi puissant que mélancolique. Et pourtant, malgré la pesanteur ou la froideur de certains passage, la voix sait être clame, douce et détachée du reste me rassurant et me touchant jusqu'au plus profond de moi à chacune de ses interventions.

Et, puis il y a "Amputee" où Ventura me joue la sérénade avant de m'emmener valser au clair de lune. Elle éclaire mon visage. Je pleure. Et puis, on repart valser. Le monde peut s'écrouler, je vis un moment magique. Il se rapproche. Me caresse. Me sert contre lui avec ce passage instrumental monstrueux. Et au fur et à mesure, le monde autour de nous s'embrasse. Puis la galaxie. Puis l'univers. Je rêverais que les 11 minutes de ce morceau durent l'éternité.

Ventura me connait très bien, il y a toutes les petites intentions par-ci par-là disséminés dans l'album comme le riff de guitare entêtant à la fin de "Corinne". Et on se quitte sur cette note pleine d'optimisme qu'est "Exquisite and Subtle".

À la fin de cet Ultima Necat, la seule chose que j'ai envie de dire c'est : Ventura, je t'aime.

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