Twin Pricks - This Might Be The Last Time You'll Ever Hear From Us

J'ai toujours eu une sorte de fascination musicale pour les deux membres de Twin Pricks. D'abord, Geoffrey Lolli a réalisé avec ses petites mains un disque sublime et top méconnu, cette bombe de Notre Cité Jazz avec son projet solo All It Feels... 101. Puis, il a Florian Schall, véritable icône du hardcore français, qui a officié dans le groupe punk/melo/emo Short Supply ou dans le screamo Hyacinth. Ensemble, ils ont officié dans ce groupe étrange - mais tellement envoûtant - à mi-chemin entre le hardcore et l'indie rock Meny Hellkin. Mais, surtout, ils viennent tous les deux du groupe mythique Dead For A Minute, le meilleur groupe de hardcore chaotique français qu'on ait connu. Après ce nombre plus qu'incroyable d'adjectif élogieux, il est facile de voir la fascination que j'évoquais plus haut. Du coup, c'était avec un fort intérêt que je me suis intéressé à ce projet atypique sur le CV musical des deux messins.

Sympathique, c'est comme ça que l'on pourrait présenter Twin Pricks. C'est proche de la pop de Grandaddy ou de celle de Belle And Sebastian. Ça tape dans l'emo de Get Up Kids. Ça cotoie aussi la folk. Le tout est cohérent mais avec une impression de patchwork musical.

Depuis l'âge de 15 ans, les deux compères baignent dans des univers sombres et violents, celui où les ados rebellent aiment se réfugier sous prétexte de maturité. Arrivés à celle-ci, ils font le contraire: une musique légère, douce, sucrée presque naïve. Comme un plaisir adulescent. Avec leurs voix d'ados pré-pubères près à conquérir des minettes avec leur guitare acoustique autour d'un feu de camp. Mais ne serait-ce preuve de maturité que de renoncer à la noirceur si attirante et, surtout, si facile du hardcore ou du metal ? Je ne sais pas. Mais les deux premiers EP du groupe proposaient un petit voyage sympathique et, quelque part, dépaysant.

Et c'est dans cette optique que je me suis mis à écouter le premier album du groupe, This Might Be The Last Time You'll Ever Hear From Us. Mais la naïveté est quelque peu partie. En effet, les deux compères sont accompagnés sur le disque par des musiciens enrobant les petites compos en véritables morceaux plus travaillés avec un travail de studio derrière. Exit donc l'impression du groupe en tête-à-tête a enregistré dans le salon. En même temps, c'est ce que l'on attendait : un vrai disque d'indie rock. Pour le constater, il suffit d'écouter la version de "How To Fall In Love" déjà présent sur l'un des deux EP (je préfère cette dernière version à vrai dire).

On a ici le droit à un bon petit disque d'indie-rock qui, je suis sûr, reviendra régulièrement sur les platines. Les compositions sont travaillées et efficaces. Le mélange des genres est moins flagrant donnant une image plus cohérente aux compositions du groupe. Twin Pricks a trouvé son son, sa manière de composer et de nous proposer sa pop sucrée/salée. Ainsi, très vite au fil de l'écoute, le disque nous propose des titres très forts comme le très Antelope "Bullseye", "Dying To Live" ou encore l'ultime "Rollercoast The Holocaust".

Pourtant, il y a une impression d'écouter deux facettes du groupe, la face A est moins pesante, plus mélancolique et innocente laissant plus la place aux guitares plus qu'aux sons de clavier. Comme si la Face A représentait l'un des membres du groupe et, sur la B, l'autre s'y exprimait. Mais vu la cohérence globale, il semblerait que le terme "Twin" du nom du groupe ne soit pas qu'un simple clin d’œil à la série de David Lynch mais pourrait bel et bien définir le lien artistique entre Flo et Geo.

Petite ombre au tableau : c'est plus du côté matériel. Le 12" sorti chez Specific Records (le label de Flo) est un gatefold mais très souple. Alors, ce n'est pas grave en soit mais ça fait quelque peu fragile et j'ai peur de l'abîmer. Ce qui risque à terme de me freiner à sortir le vinyle de sa pochette. C'est mon côté matérialiste qui parle, c'est vrai.

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