Ought - More Than Any Other Day

Tout commence avec du surf sur l'Internet pendant lequel je tombes sur le clip de la nouvelle signature chez Constellation Records, label capable du meilleur comme du plus atroce délire expérimental. Et puis le visuel de la vidéo jointe m'a intrigué. On y voit le chanteur/guitariste chétif devant un fond vert sur lequel est projeté des images très 80's. Un truc qui parait tendre vers "l'atroce délire expérimental" fait par des hipsters. C'est donc sans conviction - et par curiosité malsaine - que j'ai lancé la vidéo.

En partant avec un tel a priori, je peux dire que j'ai été plus qu'agréablement surpris par Ought. C'est d'abord la voix de Tim Beeler qui m'a réellement conquis : mélange de puissance et de douceur, chuchotements, marmonnements, rythme coupé puis repris de plus belle. Ce petit bonhomme a une énergie à revendre. Mais c'est en plus fait avec une telle sincérité qu'il a un flot complètement naturel. Je n'aime pas trop faire des comparaisons faciles mais là, faut avouer qu'il y a quelque chose de Ian Curtis dans sa voix.

Cela parait tellement fluide que la musique parait simple et amplifie l'efficacité des morceaux. Des compositions qui vont piocher dans le lo-fi ("The Weather Song"), dans la pop ("Pleasant Heart"), dans la brit-pop ("Around Again"), dans le post-punk ("Habit") ou encore, plus étonnamment, dans le post-rock ("Forgiveness"). Mais malgré ce melting pot de genres musicaux, l'album est cohérent. La rythmique est rebondissante, les claviers sont omniprésents et répétitifs mais restent en retrait apportant cette petite touche en plus qui fait du bien. Quant aux guitares, elles sont légères mais terriblement efficaces.

Cette voix incroyable et cette musicalité réussies donnent ainsi naissance aux 8 morceaux jouissifs qui composent More Than Any Other Day dont l'écoute intensive vient naturellement. Une sacrée révélation qui est devenue mon album préféré du moment.

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