Idles - Brutalism

Il y a quelques jours de ça, je ne connaissais pas Idles. Le groupe de Bristol avait complètement échappé à mon radar. Mais depuis que j'ai écouté les premières notes de Brutalism, autant dire que je me suis bien rattrapé. En fait, je vois cette addiction à ce disque comme la preuve que le coup de foudre musical existe bel et bien et, surtout que malgré les tonnes de disques que j'ai pu écouter durant toutes ces années, je ne suis définitivement pas blasé et qu'un très bon disque peut rentrer immédiatement dans mon panthéon personnel.

Déjà sur papier, Idles avait tout pour me plaire puisqu'il se range dans la vague de punk anglais de Crass, de Sleaford Mods, de Mclusky et de Future of the Left, ce punk sans strass ni paillettes, plutôt issu de la classe ouvrière anglaise. Sur disque, la musique du groupe de Bristol se caractérise par des mélodies accrocheuses, des structures simples et efficaces, une spontanéité qui sonne comme du live avec la sueur suintant à travers la galette. L'album regorge de tubes efficaces, de futurs hymnes punk qui restent agréablement en tête et qu'on a envie de chanter à tue-tête.

C'est donc un disque énergique, à la fois brutal et mélodique, avec des instruments qui respirent et qui vivent à chaque instant ; on entend le slap des cordes de basse, les guitares sont cinglantes, les cymbales claquent. La voix de Joe Talbot, elle, apporte ce grain de folie et de spontanéité non-négligeable comme le montre la montée en puissance de "Heel/Heal", morceau ouvrant l'album. Il est en roue libre mais seulement pour le plus grand plaisir de nos oreilles.

Brutalism est donc un très bon disque, comme ceux qu'on aimerait entendre bien plus souvent mais, il ne s'arrête pas seulement à sa musique. Idles est en effet un groupe qui a des choses (intelligentes) à dire. Tout commence avec la pochette du disque représentant un autel à la mémoire de la défunte mère du chanteur du groupe, à qui ce dernier dédie le titre "Mother" dans lequel il dit qu'elle s'est littéralement tuée à la tâche pendant que lui était éduqué par la télévision. Les paroles sont engagées et posent un regard intéressant sur notre société, avec ses paradoxes, ses qualités, ses défauts sans remords et sans concession. En tout cas, un groupe qui parle de la stupidité des suprématistes blancs ("White Privilege") ne peut qu'avoir toute ma sympathie. Ça manque parfois de forme et le travail d'écriture qui se repose sur la répétitivité ("Well Done", "Stendhal Syndrome", "1049 Gotho") connait ses limites mais le fond est là puisque le message passe très bien.

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