Gone Is Gone - Echolocation

Sur de nombreux points, Gone Is Gone me rappelle A Perfect Circle. Prendra ça comme un compliment qui le voudra. Tout d'abord, les deux groupes sont des all-star bands avec un chanteur à la voix charismatique. Mais, ce qui me frappe le plus chez les deux groupes, c'est leur passion pour ne pas faire dépasser une note au-dessus des autres.

Echolocation est lisse. Complètement lisse. Tellement lisse. Trop lisse. Et, perso, ça m'ennuie. Ça m'ennuie d'autant plus que les compositions ont dans leur ADN un charme fou. Il y a des tubes en puissance comme "Gift", "Dublin" et "Pawns" mais la production étouffe l'ensemble en harmonisant les voix, les guitares, la basse, les fûts et les cymbales afin de créer un spectre sonore tellement lisse qu'il oublie de respirer. La technique tue ainsi l'émotion et tout ce qui arrive à me faire vibrer sur un disque.

Et puis, dans la catégorie, nous sommes un all-star band et nous ne prenons aucun risque, Gone Is Gone vient se ranger à côté de Palms. En effet, il est possible de trouver dans chaque composition un élément venant des groupes des artistes qui forment le groupe, à savoir de Mastodon, de Queens of The Stone Age ou de At The Drive-In. Ce n'est pas un reproche, d'ailleurs. Il est normal que les musiciens jouent ce qu'ils aiment et comment ils l'aiment. Je suis par contre étonné d'entendre des riffs à la At The Drive-In alors que celui qui est issu de ce groupe est derrière les fûts. Mais, peu importe. Ce qui me gène dans cas précis - à la différence de Palms d'ailleurs, c'est que cela parait par moment forcé - comme le passage musical de "Ornament" rallongeant artificiellement le morceau. Mais ce qui me gène surtout c'est que cela donne l'impression d'avoir entendu la même chose ailleurs et, parfois en mieux. Faut dire que ce son trop parfait, trop lisse, me donne vraiment l'impression d'un disque impersonnel. Ça ne fait pas de Echolocation un mauvais disque mais, il aurait pu être meilleur si les mecs donnaient l'impression de jouer avec leurs tripes. Pourtant, je ne doute pas de la sincérité du groupe.

Mais, le plus gros reproche que je ferai au disque et que je qualifierai d'impardonnable est la reprise de Portishead, "Roads", que Gone Is Gone massacre purement et simplement. Certes, je n'aime pas les reprises mais, dans des cas comme celui-ci, elles me le rendent bien. Et même si ce n'était pas une reprise d'une chanson que j'adore, l'arrangement est tout simplement mauvais. Et, là, je ne peux pas trouver d'excuse au groupe...

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