Cortez - Phœbus

Au début de l'année, un pote me contacte sur gtalk pour m'envoyer un lien vers une photo en me disant "j'ai trouvé ton sosie dans un groupe" - vu que les chauves barbus et à lunettes ne manquent pas dans la scène indie/punk/hardcore, je reçois souvent ce genre de message. En voyant la photo, je me dis que pour une fois c'est vrai*. Du coup je demande à mon pote quel est le nom de ce groupe qui a la chance d'avoir un tel Apollon** en son sein. Il me répond nonchalamment "Cortez. Ils sortent un nouvel album". Attends ! Cortez ?!? Genre LE Cortez ?! Et personne ne me l'a dit avant ?!?

Honte à moi qui n'avait pas vu que le groupe de Genève avait sorti un split 10" avec Plebeian Grandstand sur Throatruiner Records. Bref. En tout cas, je me suis empressé d'écouter ce nouvel album sur le bandcamp du groupe. Et quelle belle claque !

Initial, leur premier LP, était un très bon disque. C'est indéniable. Pourtant, sorti en 2005, Cortez faisait ce que tout le monde faisait déjà depuis 5 ans : du post-hardcore pas rigolo, mid-tempo, avec un chant à la voix déchirée, etc. Mais il y avait quelque chose de différent. Le manque de basse peut-être. L'approche musicale aussi. Le groupe n'hésitait pas à aller piocher dans le sludge ou le post-rock voire même l'emo par moment.

En gros, depuis, la recette n'a guère changée. Avec Phœbus, Cortez prouve que Initial n'était pas un accident. Ils savent composer. Ils savent jouer. Ils savent exécuter mais en prenant leur temps. Et quelle exécution ! Chaque frappe assomme. Chaque riff à l'air de trancher dans le lard. Des ruptures toujours bien trouvées et toujours bien placées coupant la monotonie et évitant ainsi l'ennui à certains moment. Ou, a contrario, abusant de répétitions - notamment pour un final magistral. Malgré tout le côté technique de cette machine bien huilée, on sent bien la décharge émotionnelle à chaque instant. Bon ! Soyons fous ! Utilisons les gros mots : l'album frôle la perfection.

Lors de l'écoute de Phœbus, les morceaux se déroulent devant toi telle une armée envahissant ton pays. Mais tu refuses de te défendre. Ils sont trop forts. Et puis, ils ont l'air méchant mais ça a l'air sympa chez eux. Tu te laisses faire et tu apprécies. Et tu as raison ! Laisse-toi faire, Cortez savent faire du bien à tes oreilles.

* sur cette photo seulement, Greg ne me ressemble pas tant que ça.

** un mec qui me ressemble ne peut être que beau comme un Dieu. Bon vu, qu'il ne me ressemble pas tant que ça, vous vous doutez bien que ce compliment n'est plus tant valable que ça.

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