At The Drive-In - in•ter a•li•a

En règle générale, les gens sont excités par les reformations d'un groupe qui a marqué leur jeunesse. Je comprends tout à fait dans le sens où cela permet de revoir sur scène un groupe qu'on a adoré. Par contre, souvent cela nous ramène à un bon moment passé et, quelque part, nous empêche d'évoluer. Pourtant, la vie bouge continuellement. Le paysage musical aussi. Et si un très bon groupe se sépare nous laissant de très bons albums derrière lui, d'autres viendront enrichir nos discothèques de la même manière nous procurant le même plaisir. Peut-être que c'est mon côté érudit qui parle mais je trouve dommage de toujours se cantonner aux choses passées et de se dire qu'un groupe qui nous a plu auparavant nous plaira tout autant s'il se reforme des années plus tard. Surtout que l'effet escompté n'est pas toujours au rendez-vous.

Cela fait 17 ans que At The Drive-In n'a pas sorti de disque. Le groupe a une discographie exemplaire. Je l'avais découvert avec In/Out Casino, j'avais littéralement fondu en écoutant le EP Vaya et il conclut son cycle avec la bombe Relationship of Command, disque produit par Ross Robinson qui fait ressortir toute l'énergie et la puissance du groupe tout en apportant du relief aux compositions. Sincèrement, il est difficile de faire mieux que ces trois disques et, connaissant le parcours du groupe après sa séparation, il n'est guère étonnant de voir qu'il n'y arrive pas.

Si la plus grande partie de At The Drive-In a formé par la suite Sparta allant dans une continuité logique - mais sans la folie ni le talent de composition, les deux stars du groupe, Cedric et Omar, ont formé The Mars Volta qui est tout simplement, selon moi, l'un des groupes les plus surestimés. Ils se touchaient continuellement en proposant des morceaux de 7 minutes vides d'émotions. Mais, je te rassure, le nouvel album de At The Drive-In ne va pas dans ce sens.

Clairement, in•ter a•li•a est ce qu'aurait pu être Sparta avec de la folie, mais le talent de composition n'est pas revenu. Le groupe abuse de ses gimmicks en espérant que l'inspiration revienne. Tous les morceaux sont énergiques mais aucun casse le rythme. Cette volonté affichée de retrouver de manière forcée la recette de son succès, At The Drive-In devient une parodie de lui-même. Si les onze morceaux qui composent l'album ne sont pas mauvais, ils ne font que nous rappeler pourquoi les reformations peuvent laisser un goût de déception dans la bouche.

Il faut tout de même souligner les points forts du disque comme la symbiose entre Omar Rodriguez et Jim Ward - parti du groupe depuis. Les deux guitaristes font tout pour apporter à la fois l'essence et l'énergie de At The Drive-In. Malheureusement, cela ne rendra pas ce retour mémorable à mes oreilles.

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