Je ne ferai pas de top cette année // Ceci est mon top

Traitez-moi de hipster si vous le voulez ! Mais, cette année, je ne ferai pas de top des "meilleurs" albums, vidéos et 7". C'est pourtant un exercice que j'adore et qui me procure beaucoup de joie. Cela me permet d'abord de réécouter les disques de l'année et de chercher ceux qui sont sortis et dont j'aurais loupé la sortie.

Mais voilà, c'est également un exercice qui s'apparente à un non-sens flagrant. Il suffit de voir de voir les tops des autres sites pour comprendre. Il y a les Top 72, les Top 100, les Top 54, les Top-Je-mets-un-chiffre-au-pif. Ensuite, il y a les Top 50 suivi des Top 10 de chaque rédacteur, les 5 Tops 5 du jour pendant 30 jours. Et puis, il y a Pitchfork qui fait un Top 100 accompagné d'un Top 50 des albums honorables (?!?) et, puis quoi, un autre des disques que tu aurais loupé ? Non mais comme ça tu es certain de citer tous les disques sortis dans l'année et d'être sûr d'avoir citer les bons. Pour, qu'au final, on retrouve inlassablement les mêmes noms : Mac Demarco, Ty Segall, White Lungs (enfin là faut pas se foutre de la gueule du monde, c'est bien mais quand même...), The Swans, Godflesh et Jessica93 que les sites français adorent citer (dont l'album aussi bon soit-il n'est pas aussi bien que ça...).

Au final, tout ce truc de "tops" revient à un système de notation auquel je n'adhère pas puisque un "top" tout comme une critique de disque est purement subjectif. On est à la limite de la condescendance en plaçant tel ou tel disque en avant vis-à-vis d'autres qui ont moins d'aura, moins de couverture médiatique ou, tout simplement qu'on n'a pas écouté. Chaque année, je fais mon top en replaçant les albums en fonction de nombreux critères en me disant que celui-là est plus légitime qu'un autre ou qu'un autre. Et, au final, pour en oublier (je ne m'excuserai pas l'oubli de Thee Oh Sees l'année dernière).

Je comprends l'importance que peut avoir un top lorsqu'on a la prétention ou l'honneur d'être la référence de toute une génération. Par exemple, j'attends avec une certaine impatience celui des Inrocks pour connaitre tous les trucs pourris que j'ai évité. En somme ça sert ! Je comprends également qu'on puisse le faire entre potes et je suis le premier à aller les voir ou à les commenter sur les réseaux sociaux ou sur différents sites.

J'essaie de na pas avoir un ton péremptoire vis-à-vis de démarches de certains sites et des amis qui le font (très bien d'ailleurs). Et, j'avoue qu'au fil du flot d'écriture de cet article je regrette petit à petit de ne pas lâcher la Valda. Mais, après tout, ce site existe pour ça, afin de partager avec vous mes coups de cœur tout au long de l'année. Passés comme présents d'ailleurs. Pour connaitre certains albums qui m'ont plus cette année, je vous invite à cette adresse, vous en trouverez certains. D'autres viendront.

Si vous me suivez vous connaissez déjà MON album préféré de l'année. C'est un peu une évidence ! Tout comme l'année dernière, il était évident que c'était celui Ventura et qu'il y a de fortes chances que celui de l'année prochaine soit Beak>, le disque qui m'a le plus marqué en 2014 est bien évidemment Young Widows. Ce qui n'empêche pas à penser à d'autres disques qui m'ont autant marqué. Souvent des oubliés des autres tops parce qu'ils sont sortis trop tard comme la dernière signature de Solar Flare Records, American Heritage et son Prolapse (en écoute ici). Peut-être qu'ils sont oubliés parce qu'ils sont plus confidentiels mais néanmoins excellents comme The Black Lake de Louis Jucker et l'album éponyme de Schwartz. Je citerais volontiers les "discrets" Happyness,  Psychic Teens et Ought. Il y a aussi ma petite baffe de l'année, Impatient de Direct Effect. Quant à l'un des disques qui m'a le plus accompagné cette année, le LP éponyme de Malaïse ,j'ai vu cité nul part. Enfin, il y a les incontournables de l'année qui m'ont forcément marqué comme Total VictoryMac DemarcoCode Orange, '68Nothing et la grosse tuerie qu'est le dernier album (gratuit, qui plus est) Run The Jewels.

Le comble de l'hypocrisie, c'est que j'arrive à balancer les noms des disques qui m'ont plu tout en crachant sur le système. Je ressens comme un mélange étrange entre honte et fierté.