Band Aid fête ses 30 ans et massacre sa chanson (et ce n'est pas le seul)

En 1984, des artistes de la scène pop anglaise se réunissait pour former le temps d'une chanson, Band Aid. On retrouvait ainsi Boy George, George Michael, Duran Duran, Sting, Paul McCartey ou encore Bananarama. Une chanson faite pour l'humanitaire et mielleuse pour plaire au grand public. Norma, il faut en vendre pour rapporter de l'argent à une bonne cause : lutter contre la famine en Éthiopie.

Trente plus tard, on fête un joyeux anniversaire à Band Aid ce qui, sur le principe, est hautement étrange. Les fonds de cette chanson font également à une bonne cause : la lutte contre Ebola, sujet de société hautement traité dans les médias, impossible pour le public de résister.

Tout comme il y a 30 ans, de nombreux chanteurs de la scène pop actuelle ont accepté l'invitation de Bob Geldof, le chanteur à l'initiative du projet (il ne fait que ça de sa vie). Et pour les 30 ans, il a le soutien de Bono, le chanteur de U2 qui chante les exactes mêmes phrases que lors de la version originale. C'est incroyablement pourri comme argument marketing mais il fallait bien ça. En effet, le line-up ça ne donne pas envie : One Direction (je continue ?), Seal, Chris Martin de Coldplay, etc. Le morceau a été réorchestré et arrive au niveau de ses invités : une soupe immonde et infâme. Mais, comme l'avoue à demi-mots, Geldof :

Peu importe que vous n’ai­miez pas la chan­son ou que vous détes­tiez ces artistes, ce qui compte, c’est que vous ache­tiez ce disque.

L'important, c'est faire du fric... pour une cause notable (bien que), c'est vrai.

http://www.dailymotion.com/video/x2aetou_band-aid-30-hd-do-they-know-it-s-christmas_music

Cela fait deux ou trois ans que les albums de reprises dans lesquels on massacre allègement les chansons originales pour se faire du fric en invitant des invités "prestigieux". Entendez par ce terme, des artistes qui sont sur le catalogue de la maison de disque et qui leur coûte du fric alors autant les mettre sur des disques qu'ils sont sûrs de vendre par nostalgie plus que par qualité. La preuve ci-dessus. Mais tout y passe ! La Bande à Renaud massacre un répertoire qui, pourtant, arrive à être retranscrit correctement par n'importe quel mec bourré autour d'un feu lors d'une beuverie en campagne. Je citerais volontiers Generation Goldman avec des chanteurs de R'n B de seconde zone qui ont la culture musicale d'une chaussure et qui reprennent un répertoire pas forcément glorieux sur beats modernes en essayant de démontrer à coup de trémolo et de vibratos qui a la plus grosse (voix). Enfin, le plus gros massacre - parce que certaines des chansons ont marqué mon enfance, We Love Disney qui nous propose une revisite moderne des chansons cultes des films de la firme de Mickey. Les stars qui chantent dessus rendent presque  les One Direction prestigieux. On a le droit à Nolwenn Leroy, Alizée, Olivia Ruiz, Renan Luce et même Michael Youn. Ici, le massacre n'a aucune limite : production insipide, orchestration ratée, interprétation grotesque et surjouée, etc. Je ne parlerais pas en détail des albums de reprises de Nolwen Leroy ou le dernier massacre album de Zaz qui chante (lol) Paris.

La nostalgie est le seul véritable argument marketing et, comme le dit si bien Bob Geldof, ce qui compte, c'est que vous achetiez le disque. Là, encore, c'est pour la bonne cause, cela aide Universal et consorts à faire face au piratage qui tue l'industrie musicale. Si leur industrie du disque meurt à petit feu, eux, ils contribuent grandement à la mort de la musique.

Je conclurais avec la reprise en guise de blague bon enfant de "Do They Know It's Christmas" par Far avec Chino Moreno (Deftones) et Grady Avenell (Wil Haven). C'est complètement con mais sincère et respectueux du matériel d'origine.

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