Young Widows - Easy Pain

Le précédent album de Young Widows semble n'avoir guère plu. Du coup, entendre de la guitare saturée, une basse gonflée à bloc et des toms martelés comme il le faut sur les premiers extraits de l'album ont su rassurer les fans. Mais ne vous méprenez pas, il ne s'agit pas d'une ambition de revenir à quelque chose de plus proche de Old Wounds. Ce serait un vœu d'échec. On est bel et bien ici dans la continuité de In And Out Of Youth And Lightness.

Easy Pain gomme les défauts de son prédécesseur. En effet, le groupe opte pour une production plus virile et compressée faisant ressortir la puissance des 3 instruments. Avec ce son, Young Windows arrive à retranscrire un disque autant chargé d'émotions que le précédent. On a l'impression d'écouter des fables d'un optimisme glauque. Il y a vraiment  quelque chose de Nick Cave dans cet album.

Au-delà de l'ambiance générale du disque, cette manière de tantôt laisser parler la musique puis tantôt mettre le chant plus en avant est remarquable. Le groupe a trouvé un équilibre quasi parfait. Surtout que maintenant la voix d'Evan Patterson est plus mélodique qu'avant, devenant ainsi un 4ème instrument.

Easy Pain est un petit bijou qui réjouit le fan que je suis. Avec seulement 8 morceaux, l'album a heureusement pour lui une intensité folle ; on passe de tubes comme "Godman""Kerosene Girl", "King Sol" et "Gift Of Failure" à l'entêtant "Cool Night" en passant par le mélancolique "Doomed Moon", par le surprenant "Bird Feeder" et par le sublime "The Last Young Widow" concluant en beauté l'album.

Young Widows offre une véritable décharge émotionnelle osant les nouveautés et n'allant pas forcément là où on pouvait l'attendre mais reste toujours fidèle à lui-même, affirmant ainsi sa suprématie dans mon petit cœur.