Totorro - Home Alone

La magie opère rapidement. Mais si, tu sais, celle qui te donne l'envie irrésistible de taper du pied avec entrain en écoutant un morceau. Celle qui t'accompagne lorsque tu écoutes une musique qui te plait. Celle qui te ramènera à ce disque dès que tu en auras l'occasion. Eh bien, quasiment dès les premières notes de Home Alone, cette magie t'a envoûté. Et il faudra arriver à la fin du disque pour t'en échapper. Rien de bien méchant, le disque est relativement court.

On peut qualifier cet album de disques d'idéal pour un RER rempli à ras-bord en période de pointe puisque la force de la musique de Totorro est surtout cette fraîcheur et ce sentiment de bien-être qu'elle procure. Avouons-le : Totorro ne révolutionne pas le math-rock - mais n'en a pas la prétention. Ça ne veut pas dire que les morceaux sont téléphonés mais on a déjà entendu "ce passage" ou "celui-là" ailleurs. Mais il y a cette magie. Et cette fraicheur. Et puis ça fonctionne du début jusqu'à la fin. Les morceaux s'enchaînent sans se ressembler passant du morceau" idéal pour un barbecue réussi" ("Home Alone") au morceau de "fin d'été démoralisé de reprendre le boulot" ("Eric Colson") en passant par le morceau guilleret de "j'apprend à mon fils à faire du vélo" ("Tonton Alain Michel").

Après tout, demande-t-on réellement à un disque d'être original ? Pas forcément, tout simplement de nous offrir de la bonne musique et ça Totorro l'a compris. Mais - et comme je l'écrivais plus haut, ce côté déjà entendu pourrait être un frein si c'était pas en plus habilement composé. Il y a cette petite touche de folie dans la structure qui fait que les coupures et les enchaînements arrivent toujours avant le moment attendu et, c'est assez plaisant à entendre. Et puis, le petit truc en plus, c'est l'utilisation des voix. Elles sont discrètes mais prenantes, rarement présentes mais toujours plaisantes. Une récompense certaine pour l'auditeur.