Stranger Things

J'étais obligé de regarder Stranger Things. La dernière série produite et diffusée par Netflix se présente comme un hommage aux films Amblin, la maison de production des années 80 de Steven Spielberg, responsable de la plupart des films qui m'ont nourri pendant mon enfance. Je suis un fan inconditionnel de E.T., Les Goonies, Explorers, L'Aventure Intérieure, Poltergeist. C'est forcément en touchant à ma fibre nostalgique mais aussi à ce qui fait partie de moi plus que certains ne puissent l'imaginer, que je me suis intéressé à cette série en 8 épisodes. Et, je n'ai pas été déçu !

Autant dire de suite, le premier épisode me touche personnellement en tant que geek. Non seulement, je me reconnais dans la présentation de ces 4 jeunes garçons martyrisés au collège. Même si je n'ai jamais été frappé - certains de mes camarades d'école l'ont été, j'ai eu le droit aux moqueries lorsqu'on découvrait un comicbook dans mon cartable, ou parce que j'avais rejoint le club d'échecs, ou lorsque je disais que j'avais passé mon week-end à jouer à Donjons & Dragons ou à Hero Quest. On m'a traité de sobriquets idiots, autant que le rire qui les suivaient. Et voir, ces gamins heureux joués ensemble à Donjons & Dragons et supplier leurs parents de continuer de jouer "encore un peu" après 10 heures de jeu consécutives, oui, ça me rappelle mon enfance. Alors, dès les premiers instants de Stranger Things, je m'enfonce dans le canapé et j'espère que ce clin d’œil à une grande partie de ma culture en vaudra la peine. En tout cas, ça commence très bien.

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La suite tient toutes ses promesses. Nous tombons dans l'horreur avec une créature qui débarque de nulle part, un gamin, Will Byers (Noah Schnapp), qui va s'isoler dans une cabane au fond du jardin afin de s'y protéger. Et, nous basculons dans l'histoire avec cette scène autant surprenante que mystérieuse.

Dans une bourgade tranquille de l'Indiana, la disparition de Will va réveiller des secrets enfouis. Le sheriff Hopper (David Harbour) va devoir combattre les fantômes de son passé. Joyce Dwyer (Wynona Rider) va tomber dans une folie la forçant à parler aux lampes en pensant parler à son fils. Son fils aîné Jonathan (Charlie Heaton) va être obligé de se conduire comme l'adulte du foyer. Et les meilleurs amis de Will, Mike (Finn Wolfhard), Dustin (Gaten Matarazzo) et Lucas (Caleb McLaughlin), vont partir à sa recherche et tomber nez à nez avec une petite fille aux cheveux rasés prénommée Onze (Millie Brown). Sans oublier, loin de toute cette histoire, Nancy (Natalia Dyer), la sœur de Will, qui commence à renier qui elle est (une geek) pour séduire le beau gosse - mais salaud, Steve (Joe Keery).

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Toutes ces histoires se rejoignent autour de la créature responsable de la disparition de Will de manière habile. Souvent dans ce genre de récits, tout spécialement lorsqu'il est étalé sur des heures durant, la cohérence peut se perdre. Surtout que les frères Matt et Ross Duffer, créateurs et réalisateurs de la série, semblent aller dans tous les sens et créent de nombreuses pistes en début de saison qui semblent sans aucun rapport évident. Mais, ils ont travaillé leurs histoires. L'exemple même est la créature qui est régie par ses propres lois qui ne changent jamais pendant toute l'histoire. Certaines de ces "règles" nous échappent au début mais deviennent claires plus les épisodes défilent.

L'apparition des posters de The Thing, de Evil Dead ou de Jaws que nous apercevons sur les murs des chambres adolescentes n'est pas gratuite.Les frères Duffer sont réellement fans de ces film, l'hommage qu'ils font à Les Goonies, à Poltergeist et aux autres productions Amblin est plus que réussi. Nous retrouvons les codes et les passages cultes de certains de ces films comme la poursuite en vélo, la cabane éclairée au fond du jardin, le vieil homme mystérieux et autoritaire ou, le professeur sympathique du collège. Mais, l'hommage va bien plus loin que ça. Il y a du John Carpenter dans l'œuvre autant dans le parti pris graphique et dans la réalisation. Nous retrouvons des idées du réalisateur de The Thing dans le montage et le cadrage à quoi les frères Différents rajoutent des éléments plus modernes. Même constat pour la musique de Kyle Dixon et Michael Stein, inspirée par celle de Carpenter. Ils arrivent autant à retrouver le son de l'époque que d'offrir des compositions plus contemporaines. Le score contribue grandement à la réussite de la série.

Mais, les frères Duffer ne se contentent pas seulement d'être dans l'hommage des films des années 80. Ils écrivent une histoire moderne axée autour de la thématique du projet MK Ultra et de la physique quantique, ils apportent un regard moderne sur la société d'il y a 35 ans et, ils écrivent des personnages forts et attachants (Dustin, tu es mon génie !). Mais, ce que j'apprécie d'autant plus c'est cette sensation qu'ils réalisent également certaines histoires qu'ils s'étaient imaginés dans leur tête après avoir vu les films produits par Amblin comme la scène où les gamins sont obligés de se cacher poursuivis par un hélicoptère.

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Tu l'auras compris, je conseille fortement de regarder Stranger Things même si tu n'as jamais vu de films produits par Amblin ou que tu ne les porte pas aux nus comme moi. Les 8 heures qui composent la série sont passionnantes, sans temps mort avec une histoire bien rodée qui incite à dévorer le tout en très peu de temps.