Everly

Everly est le troisième long métrage de Joe Lynch - aucun rapport avec David - sorti directement en vidéo à la demande. Le terme marketing est e-cinema, terme plus distingué que direct-to-DVD, qui lui-même l'est plus que "ce film a fait un tel bide outre-Atlantique qu'on ne veut pas perdre du temps à le mettre en salle ici". Cela ne veut pas forcément dire que le film est mauvais... Même si, après visionnage, je comprends parfaitement pourquoi il n'a pas trouvé son public.

Le film est une série B avec un scénario qui tient sur un (petit) timbre poste. Une call-girl abusée par une ponte de la mafia est devenue indic mais il a découvert sa couverture et il a décidé de la tuer cette nuit dans son appartement. Enfermée dedans, Everly (Salma Hayek) doit se défendre de tous ceux qui tentent de la tuer afin de pouvoir remettre l'argent qu'elle a pu économiser à sa fille de 5 ans.

Le film est monté comme un jeu vidéo. Un beat'em all pour être plus exact. Nous avons une introduction et le générique sert d'écran "Press Start" permettant de commencer l'action. À partir de ce moment, plus de temps de mort. Les scènes d'action sont des niveaux avec différents ennemis plus ou moins difficiles et elles se terminent par le boss de fin de niveau avant la confrontation finale. Le tout est bien rythmé et Lynch arrive à placer des moments plus humains sans non plus ralentir la cadence.

Le film est un joli exercice de style comme je n'avais pas vu depuis un moment. Toute l'action se déroule dans l'appartement, la caméra n'en sort presque jamais. Par rares moments, elle se permet de se poser sur le seuil de la porte. Lorsqu'il se passe quelque chose en extérieur, Lynch trouve des moyens astucieux afin de le montrer au spectateur. On dirait une pièce de théâtre morcelée en plusieurs chapitres. Il est évident que Salma Hayek est l'une des rares actrices à qui Lynch pouvait confier un tel rôle. Il lui fallait quelqu'un de talentueux et de charismatique [et y a-t-il plus charismatique que Salma Hayek ?] pour tenir le film sur ses épaules. De plus, elle incarne tellement bien la "girl with big guns and bollocks" qu'il aurait été dommage de s'en priver. Même sur les passages plus sentimentaux, elle s'en sort royalement. Elle n'en fait jamais des tonnes comme lorsqu'elle garde tout au fond d'elle pour paraître solide devant sa fille.

Ce n'est pas le film du siècle, certes, mais Everly procure pas mal de plaisir en 1h33. L'action est omniprésente, son héroïne est charismatique, il y a quelques touches d'humour bien menées (des prostituées assassines est quelque chose qui me fera toujours marrer) et quelques scènes gores de quoi froncer les yeux pendant la séance. La recette est plutôt bonne. Il n'y a que la scène finale qui est vraiment bateau et, surtout, trop longue avec son travelling digital plutôt pauvre et la chanson mièvre qui accompagne la séquence.

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