Electric Electric - III

J'écoute encore régulièrement Sad Cities Handclappers. Ce que j'aime dans ce premier disque de Electric Electric est la recherche de la simplicité tout en faisant de la musique exigeante. Certes le disque a des défauts mais, ses compositions ont un charme indéniable. En revanche, je n'écoute plus du tout Discipline, disque exigeant dans ses compositions à la sonorité plus froide. Depuis, Electric Electric semble être devenu une machine savante à expérimenter des sonorités et à chercher les limites entre l'expérimental et l'harmonique, entre la cacophonie et l'euphonique.

III s'inscrit dans la lignée de leur deuxième album. Ce qui n'est pas étonnant mais, le fan de la première heure du groupe que je suis est un peu déçu. Certes, le disque est plus mélodique que le précédent. Des nappes de douceur se dessinent au fur et à mesure derrière la froideur des compositions, l'enchevêtrement de rythmiques et les sonorités cacophoniques. Mais, la volonté affichée - et sincère - est de ne pas faire dans la facilité.

Ce troisième album est un tout dans lequel aucun morceau ne se démarque d'un autre. Les structures diffèrent mais le schéma est toujours le même : polyrythmie, nappes de guitares distordues, riff en arrière plan, dissonance, voix flottant le long du morceau. La cohérence sonore est remarquable. Autant dire que si tu n'adhères pas à "Obs7", morceau de 11 minutes qui ouvre ce troisième album, tu peux oublier le reste et passer du temps à écouter quelque chose qui te plaira.

En gros, ne fais pas comme moi. J'ai écouté III plusieurs fois mais j'ai du mal à me projeter dans un futur plus ou moins proche dans lequel je l'écouterai. Electric Electric n'a plus envie de faire de morceaux simples. Il veut mettre en place des systèmes complexes et faire plaisir les techniciens musicaux que sont devenus ses membres.

Le groupe s'étouffe dans son arrogance, rendant sa musique hermétique à ceux qui recherchent un plaisir franc et direct. Et, maintenant que Libération, Les Inrocks et Télérama en parlent comme d'un nouveau Philip Glass - selon eux, si tu n'aimes pas c'est que tu ne comprends pas parce que t'es trop con, le trio a réussi à trouver une crédibilité qui dépasse le cercle fermé des fans de noise et de math-rock. Personnellement, je ne suis pas certain de vouloir suivre la carrière d'Electric Electric sur disque. Je laisse le bénéfice du doute concernant le live parce que les strasbourgeois viennent de là et leur musique, aussi complexe et chiante soit-elle sur galette, prend tout son sens sur scène. En plus, sur ce terrain-là, il ne m'a jamais déçu.