Plebeian Grandstand - Lowgazers

Plebeian Grandstand a changé. Ce n'est peut-être pas plus un mal. Leur précédent LP était trop connoté Converge et Botch pour me plaire. Pourtant ce sont deux groupes que j'adore mais la ressemblance était trop frappante à mon goût pour faire de How Hate Is Hard To Define un grand disque. Je ne parlerai pas de plagiat puisque le groupe de Toulouse a su injecter sa touche personnelle pour établir un chaînon manquant entre les deux groupes. En tout cas, c'est surtout la violence qui frappait - sans aucun jeu de mots, une violence unique et personnelle qui su définir Plebeian Grandstand comme autre chose qu'un groupe entre Converge et Botch.

Et, c'est dans les méandres de cette violence qu'est parti se ressourcer le groupe. En se dirigeant vers quelque chose de plus extrême, le groupe arrive à la fois à se recentrer, à trouver une identité qui lui est propre et, ainsi, à s'imposer. Je pense que ça fera plaisir au groupe qu'on arrête de les citer comme "la relève de Botch et de Converge", grâce à la direction prise sur Lowgazers, Plebeian Grandstand se fait un nom.

En plus sur cet album, le groupe est moins dans la démonstration technique et part sur quelque chose de plus "simple", de plus vicéral, de plus personnel. Mais, ce que je trouve remarquable sur ce disque c'est sa cohérence globale, à tel point qu'il est difficile d'isoler un morceau de l'album. Le tout s'écoute comme une seule pièce qui passe du black metal au hardcore en passant par le drone. Aidé par la production impeccable d'Amaury Sauvé (As We Draw, Birds In Row...), la batterie frappe fort et bien, les guitares sont comme des nappes musicales malsaines, la basse rebondit et donne l'amplitude qu'il faut. Les voix s'arrachent, s'entrechoquent et se contredisent comme des esprits malins dans cette beauté violente et cruelle.

Parce que, oui, derrière ce mur de violence, on découvre surtout un Plebeian Grandstand à fleur de peau. Ce n'est Deafheaven - et on ne veut pas que ça soit le cas, le groupe ne fait pas la moindre concession musicale et, de ce fait, il se dégage de l'ensemble quelque chose de très intense. Une grande réussite que je ne peux que vous conseiller d'écouter en boucle.

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