Log Horn Breed / Girls Pissing on Girls Pissing - Split 12"

Ce split nous vient tout droit de Nouvelle-Zélande. Je dois avouer que je ne connais pas beaucoup la couleur musicale de ce pays mais, je constate que Log Horn Breed et Girls Pissing On Girls Pissing ont un goût prononcé pour la noise crade à la mélodie malsaine.

Commençons par Log Horn Breed parce que... c'est assez... *ahem*... particulier. Les morceaux reposent uniquement sur une rythmique métronomique, des nappes de guitares saturées et répétitives, une basse ronflante et grésillante, et la voix d'un chanteur habité qui vocifère ses paroles sans aucune mélodie. Si "Evil Faces" ouvrant le disque est prometteur, le second morceau "Interessing Times" ressemble plutôt à un happening punk. Certes, il est intéressant de voir qu'avec un habillage sonore aussi minimaliste, il est possible de faire de la musique mais je n'adhère que moyennement. Les quatre autres morceaux sont plus "communs", faisant ressortir un mélange entre sludge et drone de cette noise désabusée.

Heureusement, le split propose trois morceaux de Girls Pissing On Girls Pissing. Le groupe d'Auckland mérite toute votre attention, avec lui, nous frôlons le génie musical. Les morceaux relativement longs - entre 6 et 8 minutes - proposent de se perdre dans les méandres d'une musique complexe mais accessible. "Lambskin" est une merveille à la mélodie se déformant au fur et à mesure du morceau par l'ajout ou le retrait d'instruments, les voix, une masculine, l'autre féminine casse une structure rigide laissant glisser de moments presque aérés contrastant avec l’ambiance plutôt oppressante. Les deux autres morceaux proposent également des structures atypiques et tout autant de plaisir. Le refrain de "Land of the Long White Stain" casse l'ordre établi par le début du morceau avant de se couper net laissant place à des bourdonnements accompagnant une mélodie sifflée et inquiétante. Et la face se conclut avec "The Great Dissapointement" morceau habité donnant des frissons dans le dos tellement il est prenant et inquiétant. Ces trois morceaux sont servis avec ambiance désespérée, presque malsaine mais envoie parfois des ondes positives. Cette ambiguïté, cette richesse, ce talent de composition et, tout simplement, ces trois morceaux rendent ce split indispensable.