Faith No More - Sol Invictus

Lorsqu'un groupe comme Faith No More annonce un nouvel album, on s'attend à pas grand chose. Il faut dire que la bande à Mike Patton nous a habitué à des album tellement hétéroclites sur lesquels on passait du coq à l'âne - mais toujours avec ce son caractéristique - qu'il est un peu difficile de s'imaginer ce qu'il pourrait nous offrir.

Pour Sol Invictus, on ne s'attendait pas à grand chose puisque, bien souvent les reformations ne sont pas franchement rassurantes, surtout après 18 ans d'absence en studio. Regardez du côté des Pixies pour comprendre ce que je veux dire. Même si cela fait 6 ans que le groupe tourne et assure leurs concerts, le fait de composer de nouveaux morceaux est une toute autre histoire. Sans compter que le premier extrait était plutôt déroutant - et, après écoute de l'album on saisit qu'il s'agissait d'une blague dédiés aux fans du groupe.

Autant dire que Faith No More nous propose finalement une véritable bonne surprise avec ce nouvel album puisque l'énergie du groupe est intacte. Il arrive également à étonner sur certaines directions prises. Mais, Sol Invictus reste un disque fait pour les fans par un groupe motivé afin de leur faire plaisir. En effet, il est tout ce que nous, les fans, pouvions attendre/espérer sans le savoir. Malgré le manque de tubes immédiats, il sonne comme un classique. Et oui ! Sol Invictus a ce côté rassurant te donnant l'impression qu'il t'a déjà accompagné depuis un long moment. De ce fait, il y a un moment de digestion nécessaire afin d'en capter les subtilités.

Comme je le précisais plus haut, il y  a un manque flagrant de tubes. Pas de "Epic". Pas de "From Out Of Nowhere". Pas de "Midlife Crisis". Pas de "Be Agressive". Pas de "Digging The Grave". Seul "Superhero", deuxième morceau révélé au public, peut assumer ce côté. Le reste est moins évident. Par exemple, l'album s'ouvre sur "Sol Invictus" sonnant comme Tomahawk - l'un des autres groupes de Mike Patton - tentant de faire du Faith No More. On a la même sensation avec "Blakc Friday". Il y a aussi "Motherfucker" chanté par Roddy Bottum un monolythe mid-tempo et volontairement répétitif.

Au premières écoutes, on a presque l'impression que Sol Invictus est un patchwork de tout ce que le groupe avait fait avant : un riff incisif à la The Real Thing par-ci, un morceau lent répétitif à l'ambiance malsaine comme sur Album of The Year par-là, des nappes de clavier à la Angel Dust, le côté lover à la King For A Day, King For A Lifetime... L'auditeur tente de raccrocher les bouts avant de se rappeler ce qu'est Faith No More et ce que le groupe a toujours fait ; ce patchwork hétéroclite est leur cohérence.

Faith No More est un groupe de "vieux" qui a su enterrer la hache de guerre. Ils ont pris de la bouteille et de la sagesse. C'est sur ces nouvelles fondations qu'ils ont conçu cet album. Si les changements sont subtils c'est parce qu'ils ont décidé de faire ce qu'ils aimaient faire lorsqu'ils étaient ensemble et heureux de l'être. L'auditeur perçoit cette énergie positive et mature. Tout ça sans sonner comme un vieux disque d'un groupe qui campe sur ces acquis mais qui s'avère avoir franchi la limite de la ringardise. Regardez du côté des Smashing Pumpkins pour comprendre ce que je veux dire.

Commentaires