Dope Body - Kunk

Seulement quatorze mois séparent le précédent album de Dope Body, Lifer, de Kunk. Ce qui est relativement court. Mais, leurs morceaux respectifs sont issus de la même session d'enregistrement. Le groupe s'était laissé emporté durant l'enregistrement de Lifer et avait improvisé les dix morceaux de Kunk qui ont été retravaillés par la suite. Et, mine de rien, il sort de tout cela le génie créatif du groupe de Baltimore.

Certes, il y a deux aspects qui peuvent dérouter l'auditeur. Tout d'abord, sur les 10 pistes, il n'y a que la moitié qui sont de véritables morceaux, le reste ressemble plutôt à des interludes. En effet, ces compositions courtes - entre 1 et 2 minutes - proposent plutôt des larsens dissonants, de rythmiques lourdes, d'effets bruitistes. L'autre aspect est en soit plus dérangeant puisque l'album a un goût d'inachevé. Les compositions étant improvisés, le groupe utilise quelques astuces afin de les habiller et d'en faire des morceaux à part entière.

Et, justement, c'est ce que je trouve génial dans Kunk. Dans son expérimentation, Dope Body n'oublie pas de proposer de la musique. Il couvre les faiblesses de ses compositions par un bric-à-brac sonore et des astuces de production afin de rendre le tout consistant. Certains morceaux se retrouvent ainsi à la jonction entre l'indus le plus punk qui soit et le noise rock dissonant.

Ainsi, Dope Body se démarque bien plus de ses paires qu'avec Lifer - pourtant très bon album - en proposant quelque chose de moins conventionnel. En tout, l'expérience sonore vaut la peine surtout qu'il y a de véritables tubes comme "Obey", "Down", "Old Grey" et "Casual".

J'espère en tout cas que de cette expérimentation, Dope Body en tirera des leçons afin de nous offrir un prochain disque peu conventionnel, tout aussi barré mais avec des morceaux mieux travaillés et, surtout, achevés.

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