Deafheaven - Sunbather

Quelle jolie pochette. Toute rose. On dirait un bonbon qu'on aimerait déguster sur une plage une fin d'après-midi d'été. En gros, parfait pour accompagner un bain de soleil (sunbath en anglais). Pourtant, ce Sunbather est un disque de Black Metal. En tout cas, il en a l'essence. Je devrais plutôt le décrire comme du Black Metal sous valium. Une dose assez chargée pour que le groupe mette à nu ses sentiments et colle un smiley sur l'étiquette de l'un des 2 vinyles qui composent ce LP.

Ceux qui ont écouté Roads to Judah, le précédent album de Deafheaven, ont compris que mes propos ne sont pas péjoratifs. Au contraire. Il y a quelque chose de très fort émotionnellement parlant dans les compositions du groupe. Un truc qui malgré les cris gutturaux et les blasts de batterie te prend aux trips et ne te laisse pas indifférent. Et cela n'est pas seulement dû aux passages post-rock des compositions. D'ailleurs, si un jour on m'avait dit que j'allais apprécier un disque mélangeant le Black Metal et le post-rock, je pense que j'aurais bien ri. Pourtant, c'est le cas : j'aime.*

Faut dire que peu importe le style, très rapidement le disque m'a emporté dans son monde. Et la première impression que j'avais c'était d'écouter l'équivalent d'un disque de My Bloody Valentine. Pas musicalement (bien que). Mais dans la décharge sonore qui vient te murmurer des mots doux dans l'oreille. Malgré le mur du son, une émotion vive se dégage te caressant d'abord puis pénétrant au plus profond de toi et forçant à sortir le mot "encore". Et cela devient de plus en plus jouissif de morceau en morceau. Jusqu'à l'excellent "Pecan Tree" mettant fin au délice.

Si on vient à le comparer a son prédécesseur, Deafheaven a atteint un niveau supérieur et, surtout, gagner en cohérence. Le groupe se permet même de jouer avec le format vinyle. Chaque face raconte une histoire musicalement parlant. Des petites histoires que l'on peut deviner dans une histoire globale qu'est l'album. C'est beau et violent à la fois. Je vous le recommande chaudement. Et je retourne l'écouter de ce pas !

* merde