Deftones - Koi No Yokan

Tout commence avec un gros riff de guitare rappelant pourquoi Deftones est souvent assimilé à la scène neo-metal. Le groupe veut commencer par du gros son mais il n'en perd pas son âme puisque très vite nous retrouvons ses gimmicks.

À l'instar de son prédécesseur, Koi No Yokan a une cohérence musicale de bout en bout. On est bien loin de White Pony ou Saturday Night Wrist qui étaient des patchworks musicaux dont la cohérence était montée par l'ambiance générale. Ici, simplement en entendant un morceau de riff d'une de leurs compositions, l'auditeur peut rattacher facilement le titre à l'album.

Deftones a ainsi décidé de mélanger leurs influences et leurs envies au sein des morceaux plutôt que de dire "ce morceau est plus un tel et celui-là est plus un autre tel". Ainsi, un titre comme "Entombed" peut s'approcher du très calme, proche des balades du groupe, mais il est entrecoupé par de gros riffs de guitares.

Dès la première écoute, Koi No Yokan sonne comme un classique ou, tout du moins, un disque évident pour le groupe. Mais, il y a ce truc en plus. Le groupe connait sa force et les attentes de ses fans mais n'oublie pas de proposer quelque chose de plus évolué. Il y a du post-rock dans l'air. Les morceaux s'étalent plus sur la durée, savent alterner le lourd et la légèreté, commencent dans une nébuleuse de guitares pour terminer dans un zénith sonore.  Leur approche de composition est basée sur la musicalité plutôt que la ligne de chant facile. Ainsi chaque instrument a sa place et le talent de chacun est mis en avant. Lorsque la basse ne ronfle pas, elle apporte un groove non négligeable. Les guitares alternent et se croisent sans chacun s'entrechoquer. Les sons électroniques apportent un réel plus aux morceaux. Quant à la batterie, la production montre à quel point, Abe Cunningham frappe fort sur ses fûts avec une droiture et une énergie exemplaires.

Je pourrais citer morceau par morceau et te dire ô combien ils sont géniaux et ce qu'ils apportent à l'édifice qu'est la carrière de Deftones. Mais, je pense que tu as saisi que Koi No Yokan m'a conquis. Plus que ce à quoi je pouvais m'attendre.

Malgré la perte de Chi Cheng - à qui l'album est dédié, le groupe ne s'arrêtera pas là et cet album rassure sur la faculté de Deftones de pouvoir perdurer dans le temps.