Deftones - Deftones

Sorti en 2003, l'album éponyme de Deftones est entaché par de deux problèmes. D'abord, la scène dans laquelle gravite le groupe et dont il n'arrive pas à se détacher : le neo-metal. En effet, les groupes du genre ne s'amusent plus à être le nouveau Korn ou Limp Bizkit mais prennent exemple sur le groupe de Sacramento. Ainsi les Staind, Spineshank, Taproot et autres Papa Roach pompent les gimmicks de Deftones qui lui perd son âme à petit feu.

L'autre problème est que le groupe lui-même se perd. Lors de l'enregistrement de White Pony, le groupe se vantait presque de s'être engueulé lors de la composition pour s'engager dans de nouvelles voies soit plus douces soit plus violentes. Et ce conflit - principalement entre Chino Moreno et Stephen Carpenter - est venu envenimé la composition de Deftones. Pourtant, les deux compères voulaient continuer leur groupe d'origine et ils avaient multiplier les side-projects pour combler leur manque. Apparemment, cela n'était pas suffisant.

Je pense qu'à tout cela vient s'ajouter des obligations contractuelles. En tout cas, après la claque que fut White Pony, Deftones est bien fade. Le groupe avait réussi jusque-là un sans faute. La preuve par le son avec le premier single "Minerva" qui est un morceau plutôt mielleux. Le son des guitares est plus "neo-metal" sur des titres comme "Needles and Pins" ou le cliché "Bloody Cape". Puis, il y a cette sensation que le groupe tourne sur lui-même notamment avec - le pourtant très bon - "Hexagram" qui ressemble à une compilation des meilleures parties du groupe.

Pourtant, l'album est très bien en soit. C'est plus qu'au fil des écoutes, on perçoit plus les faiblesses du groupe. Des morceaux sont pour moi des incontournables comme le magnifique "Battle-Axe" ou la charge d'émotions que procure "Deathblow". Et puis, il y a le très agressif "When Girls Telephone Boys" qui semble être un compromis intéressant entre toutes les influences du groupe.

Malgré toutes les qualités indéniables de l'album, impossible de dire que le groupe n'est pas sur une pente descendante. En tout cas, Terry Date qui produit et mixe l'album connait très bien le groupe et sait ressortir le meilleur de lui. Même si on est loin de la retenue dont la bande à Moreno a su faire preuve auparavant.