As We Draw - Mirages

Il y a des disques lorsque tu les écoutes t'apportent plus que de la simple musique. Par exemple, quand j'ai découvert As We Draw pour la première fois, en 2010 avec Lines Breaking The Circles, j'ai découvert le site The Drone, j'ai découvert le label Throatruiner Records, j'ai découvert Amaury Sauvé (avec qui le groupe travaille à nouveau sur cet album) et j'ai découvert la scène hardcore de Laval. Voilà, tout ce que la simple écoute d'un disque m'a apporté. Oui, avec un seul album, As We Draw m'a marqué. Et, tout simplement parce que j'ai aimé leur album. De ce fait, j'étais impatient d'écouter leur nouvel album, Mirages.

Je commence en émettant mon plus gros un regret concernant l'album : le son de basse n'est pas aussi puissant que sur leur précédent album. Il rebondissait tout en te prenant aux tripes comme rarement. Mais, ce son n'est pas forcément en adéquation avec la direction musicale qu'a prise le groupe. En effet, As We Draw est plus sombre que jamais. On retrouve pourtant la recette de Lines Breaking Circles : la batterie épileptique, les riffs changeant et la voix très "emotional hardcore". Mais, tout cela en plus dark.

Ce que j'aime chez le groupe c'est cette humilité musicale. Le disque est ultra-ambitieux par moments avec les rythmiques décalées mais les mecs de Laval ne sont jamais dans la démonstration technique. Pourtant, ils auraient pu opter pour ajouter au rythme syncopé des riffs plus complexes, des breaks incessants ou des je-ne-sais-quoi pour montrer ô comment ils jouent bien. Tout au long des morceaux, il y a une recherche de l'efficacité en coupant le tempo au bon moment mais cela n'est pas aussi parfait que leurs compères de Birds In Row.

Mirages n'est pas parfait. Il souffre du même problème que le précèdent album : sur la durée, le niveau baisse. Faut dire qu'avec "Window", le morceau d'ouverture de presque 11 minutes, As We Draw a placé la barre très haute. À aucun moment, on retrouve la puissance et la décharge émotionnelle de ce titre sur l'album. Cela ne veut pas dire que le reste de l'album n'est pas bien. Loin de moi cette idée ! Il y a de véritables bons morceaux comme "Fata Morgana" ou "Denial". Mais, le premier titre se démarque du reste. C'est fort dommage mais cela ne m'empêchera pas de revenir les écouter au prochain album. Ce sera même avec un réel plaisir.